La compagnie de pontonniers de l'armée d'Orient (1798-1801)

L'armée d'Orient.

Initiateur du projet d'occuper l'Egypte, le général Bonaparte, commandant en chef de l'expédition, choisi personnellement les unités, notamment les demi-brigades d'infanterie qui venaient d'Italie et avaient servi sous ses ordres.
C'est ainsi qu'il fixa son choix sur  la 1ère compagnie du 2er bataillon de pontonniers dont il avait apprécié la valeur lors de la première campagne d'Italie de 1796.
Mais ironie du sort, nul n'a cité ces pontonniers, pourtant présents comme nous en avons la preuve dans la liste des unités composant les forces terrestres de l'armée d'Orient selon l'ouvrage " Historique des régiments ( page 423 ) dont la composition était la suivante:

Commandant en chef: Général Napoléon Bonaparte
Chef d'état-major : Général Louis-Alexandre Berthier
Effectif: 45 000 dont 33 000 en Égypte répartis en 47 bataillons et 20 escadrons plus une compagnie des guides à pieds et à cheval  forte de  500 hommes

Division Reynier
Commandant: Général Jean-Louis Reynier
Généraux de brigade Damas et Verdier
Effectif:
 3 450 hommes
Composée des régiments suivants:
9e demi-brigade d'infanterie de ligne : 3 bataillons pour 1 620 hommes
85e demi-brigade d'infanterie de ligne : 3 bataillons pour 1 840 hommes
Légion maltaise: 2 bataillons
Division Kleber
Commandant: Général Jean-Baptiste Kléber
Généraux de brigade Lannes et Lanusse
Effectif:
 4 900 hommes
Composée des régiments suivants:

2e demi-brigade d'infanterie légère :
3 bataillons pour 1 450 hommes

25e demi-brigade d'infanterie de ligne :
 3 bataillons pour 1 650 hommes

75e demi-brigade d'infanterie de ligne :
3 bataillons pour 1 800 hommes
Division Menou
Commandant: Général Jacques-Francois Menou
Effectif:
5 200 hommes
Composée des régiments suivants:

22e demi-brigade d'infanterie légère :
3 bataillons pour 1 100 hommes

13e demi-brigade d'infanterie de ligne :
3 bataillons pour 2 500 hommes

69e demi-brigade d'infanterie de ligne :
3 bataillons pour 1 600 hommes
Division de réserve
Commandant: Général Louis André Bon
Généraux de brigade Rampon et Murat
Effectif:
4 700 hommes
Composée des régiments suivants:

4e demi-brigade d'infanterie légère :
 2 bataillons pour 1 100 hommes

18e demi-brigade d'infanterie de ligne :
3 bataillons pour 1 650 hommes

32e demi-brigade d'infanterie de ligne :
3 bataillons pour 1 950 hommes
Division de cavalerie (sans chevaux)
Commandant: Général Alexandre Dumas
Généraux de brigade Leclerc et Zayonczek

Effectif:
3 050 hommes Composée des régiments suivants:
7e régiment bis de hussards:
3 escadrons pour 630 hommes
22e régiment de chasseurs à cheval :
3 escadrons pour 280 hommes
3e régiment de dragons :
2 escadrons pour 390 hommes
14e régiment de dragons :
 3 escadrons pour 640 hommes
15e régiment de dragons :
2 escadrons pour 230 hommes
18e régiment de dragons :
4 escadrons pour 330 hommes
20e régiment de dragons :
3 escadrons pour 530 hommes

Division d'Artillerie
Commandant de l'artillerie: Général Elzéard de Dommartin
Puissance de feu: 

171 pièces d'artilleries dont:
35 canons de siège, 24 obusiers ,40 mortiers 

Effectif: 
3 150 hommes répartis dans 5 compagnies à cheval, 14 compagnies à pied et 9 compagnies de demi-brigades

Division du Génie
Commandant du génie: Général Maximilien Caffarelli du Falga

Effectif:
1 200 hommes ainsi répartis:
775 sapeurs, 190 mineurs, 165 ouvriers, 25 aérostiers

Troupes en garnisons hors d'Egypte

Garnisons en Corse: 

3 600 hommes des unités suivantes:
23e demi-brigade d'infanterie légère: 

3 bataillons de 2 500 hommes
1er bataillon de la 86e demi-brigades d'infanterie de ligne: 1 bataillons pour 1 100 hommes

Garnisons à Corfou: 8 000 hommes
Division Chabot:
4 000 hommes des unités suivantes:
6e demi-brigade d'infanterie de ligne:
3 bataillons pour 1 000 hommes

79e demi-brigade d'infanterie de ligne:
 3 bataillons pour 3 000 hommes

Garnison à Malte
Division Vaubois: 

4 000 hommes
3e bataillon de la 7e demi-brigade d'infanterie légère: 1 bataillon pour 1 150 hommes
19e demi-brigade d'infanterie de ligne:

2 bataillons pour 1 050 hommes
1er bataillon de la 80e demi-brigade d'infanterie de ligne: 

1 bataillon pour 550 hommes 

Éléments divers tirés des 6e et 41e demi-brigade d'infanterie de ligne ainsi que de la 23e demi-brigade d'infanterie légère: 1 200 hommes.


Les pontonniers, ces oubliés de l'histoire militaire.

On peut constater que nul n'a cité les pontonniers dans cette longue liste. En fait, ces pontonniers relevaient de l'artillerie et appartenaient à  la 1ère compagnie du 2 ème bataillon de pontonniers venue d'Italie.
Cette unité étaient aux ordres du général Antoine François Andreossy, hydrographe de formation, directeur des équipages de pont de l'armée d'Italie et du chef de bataillon de pontonniers Louis Tirlet.
Cette compagnie était forte de 75 hommes, sous-officiers, ouvriers et pontonniers confondus, commandés par des officiers aguerris. 
Ces derniers étaient le capitaine Charles François Leclerc, un ancien du 4 ème bataillon Fédérés de Paris et le lieutenant François Louis Bouchu, un bourguignon qui gagnera ses galons de capitaine en Egypte, sera colonel, sera nommé Chevalier de l'Empire le 9 mai 1811 et terminera sa carrière comme général. Les autres lieutenants étaient le suisse Jean Louis Mathieu, le parisien Toussaint Bricon, ancien sergent-major des ouvriers d'artillerie et enfin Jean Lamy un autre bourguignon, ancien fantassin du siège de Toulon en 1793.

L'acheminement des troupes et leur débarquement du 1er juillet 1798 sur les côtes égyptiennes.

Transportée par la flotte française de Méditerranée commandée par le vice-amiral BRUEYS, le gros de l'armée parti de Toulon, avec les navires de guerre mais aussi des ports d'Ajaccio, Gênes et Rome pour les unités venues d'Italie. Une partie de l'armée fera escale le 11 juin à l'île de Malte qui servit de base arrière, puis les premiers éléments débarquent le 1er juillet à proximité d'Alexandrie près du lac Muryat (Maréotis) à l'ouest du Caire, dont le port et la ville sont pris le lendemain le 2 juillet 1798.

Le transport et le débarquement des pontonniers

L'unité de pontonniers étaient parties de Gêne (Italie), et non de Toulon, à bord de l'un des 73 bateaux de transport aux ordres du général Baraguey d'Hilliers. C'était la première fois qu'une compagnie de pontonniers participaient à une telle opération maritime. Ses hommes portaient l'uniforme de l'infanterie en vigueur jusqu'en 1804, avec son chapeau caractéristique.
Ils arrivèrent à Alexandrie (Egypte)  le 2 juillet 1798 et furent aussitôt chargés de débarquer les chevaux amenés par bateaux. L'opération ne dura qu'une journée, ces chevaux étant en nombre réduits et strictement réservés à l'artillerie car la cavalerie et les autres corps devaient se fournir sur place.
Puis la compagnie pris la direction du Caire (Al Qahira) avec les unités du 4 ème régiment d'artillerie, en longeant le bord du Nil, évitant ainsi de passer par le désert et Chebreis où les premiers combats d'avant-garde eurent lieux le 13 juillet contre les Mameluks.

La participation des pontonniers aux opérations militaires de l'armée d'Orient.

combats en Egypte (1798-1801)Lors de la célèbre bataille dite des Pyramides contre l'armée des Mamelouks qui se déroula le 22 juillet 1798, les pontonniers se trouvent avec le parc d'artillerie de siège et en arrière du gros des troupes françaises remontant le Nil en direction du Caire. L'ennemi était retranché sur la rive droite, à hauteur du village d'Embabeh, son dispositif défensif étant formé par une flottille armée qui couvrait le fleuve. Après une période d'observation, leur cavalerie charge les troupes françaises formées en carré avec l'artillerie divisionnaire au centre. Malgré plusieurs charges, les cavaliers sont repoussés après avoir subit de lourdes pertes. Nos troupes vont alors attaquer les retranchements ennemis et en prennent le contrôle après que l'infanterie at fuit en déroute.

Après cette première victoire, le général en chef Napoléon Bonaparte installe le 23 juillet 1798 son Quartier Général dans la capitale égyptienne du Caire.
Sur son ordre, les pontonniers lançent un grand pont de bateaux permanent dans le vieux Caire, devant l’hôpital militaire d’Ibrahim Bey. Pour cela, ils durent réquistionner des bateaux locaux car, malgré l'ordre de Bonaparte du 26 mars 1798 demandant la construction de 30 pontons légers pour l'armée d'Orient, les pontonniers ne disposaient d'aucun matériel spécialisé. Avec ce nouveau pont, les troupes pouvaient passer d’une rive à l’autre du Nil sans être transportées dans des embarcations. Pendant la quinzaine de jours que dura la construction, les pontonniers tenaient garnison dans l'Arsenal du Caire, avec les quelques 170 pièces d'artillerie amenées de France.

Le désastre naval d’Aboukir

Mais le 1er août 1798, la flotte française qui était au mouillage dans le port d'Aboukir est attaquée puis détruite par la flotte anglaise de l’amiral Nelson. Ainsi le corps expéditionnaire est isolé de la France et ne peut compter sur l’envoi de renfort pour les opérations militaires en préparation.

C’est dans ce cadre que le 20 septembre 1798, le commandant en chef Bonaparte demande au général d’artillerie Dommartin de faire construire des ponts mobiles et pliants d’une portée de 8 à 10 mètres afin de traverser les nombreux canaux de la région. Devant être transportés par 2 dromadaires, ces ponts devaient servir à l’artillerie divisionnaire (références Correspondance militaire de Napoléon , tome 2, année 1876, dépôt de la Guerre). Mais il ne semble pas que cette instruction ait été suivie d’effets positifs car personne ne parle de ces ponts dans les différentes opérations militaires qui vont se dérouler. Par la suite, tous les corps utilisèrent les dromadaires pour le transport des matériels et des blessés puis fut créé le 9 janvier 1799 un régiment de dromadaires à 2 escadrons qui rendront de grands services lors des opérations suivantes. A cette époque, l'armée avait modifié ses uniformes afin de les adapter au climat, les pontonniers gardant leur uniforme bleu foncé. 

Les campagnes de Basse-Egypte, du Fayoum et de Haute-Egypte

L'activité principale des pontonniers étant de construire des ponts pour l'artillerie, la compagnie stationnait la plupart du temps avec la grosse artillerie du parc de siège. Néanmoins, une escouade participait à la demande aux convois de ravitaillement sur le Nil et, sur demande du commandement, à des opérations de reconnaissance. C'est ainsi que le général Andreossy et le chef de bataillon de pontonniers Louis Tirlet, avec une centaine d’hommes, partirent de Damiette le 3 octobre à bord d’une flotille armée et rentrèrent le 28 du même mois. Cette opération visait à reconnaître le lac Menzaleh et la ville de Peluse, aux limites orientales du delta du Nil, de nos jours embouchure du canal de Suez.L'opération préparait la conquête de la Syrie qui se déroulera à partir du mois de février 1799.

Au mois d'août 1798, une partie des pontonniers, probablement une demi compagnie, commandée par le capitaine Charles Louis Leclerc, participa à l'opération menée par le général Desaix dans la région désertique du Fayoum, au sud-ouest de Caire. Il s'agissait de disperser une troupe mobile d'ennemis conduite par un certain Mourad Bey en remontant le cours du Nil avec 4000 hommes, dont une flottille armée.
Après trois combats qui eurent lieux les 1er, 5 et 9 octobre 1799, à Samhoud et Sédiman, l'ennemi quitta la région du Fayoum pour descendre plus au sud. Desaix poursuivi l'ennemie.
Plusieurs combats auront lieu les 3 janvier 1799 devant Saouaqui puis à Tahtah, puis encore le 22 janvier 1799 à Samhoud et enfin le 11 février à Redecieh. A chaque fois, l'ennemi se retirait et il était difficile au gros de l'armée de suivre sa flotille sur le Nil. C'est ainsi que le 3 mars 1799 , l'ennemi monta une embuscade devant le village de Benout où la flottille sera anéantie, malgré la présence d'une canonnière. La plupart des 500 soldats français seront tués. Combien de pontonniers parmi ceux-ci, nous l'ignorons.
Ils seront vengés le 8 mars à Keneh par le général Belliard venu appuyer Desaix. Tous deux poursuivirent la remontée du Nil sur plus de 900 kilomètres, jusqu’à Assouan où le 12 août 1799 ils dispersèrent une armée de mameluks. Pendant ce temps, une campagne plus importante se préparait sous la conduite de Bonaparte. 

Les campagnes de Syrie et de Palestine

uniformes français en Egypte (1798-1801) Au mois de février 1799, le général en chef regroupe une armée de quelques 14.000 hommes et marche vers la Syrie par la route côtière d’El Arich, dans le Sinaï afin de contrer les troupes turques qui descendent de Damas.
A cette occasion, la compagnie de pontonniers, alors forte de 47 hommes, sera complétée par un détachement de 25 marins et 14 artistes de marine. Ils étaient avec le parc d'artillerie et l'artillerie divisionnaire car les canons de sièges avaient été embarqués à bord de navires. Ces pontonniers ne participèrent pas directement à l’affaire d’El Arich où l'avant-garde du général Reynier enlève un camp de Mameluks dans la nuit du 14 au 15 février. Mais le fort d'EI Arich résiste et capitulera seulement le 20 février.
Le lendemain, la division du général Kléber entame le siège de Gaza en Palestine et prend la ville le 24 février (ou le 3 mars 1799 selon les sources). L'armée poursuit sa route vers Jaffa où les pontonniers doivent lancer deux ponts pour amener l'artillerie du général Dommartin à portée de tirs. La ville est prise après plusieurs assauts et les troupes progressent jusqu'à la ville d'Haïfa abandonnée par l'ennemi qu'ils occupent le 17 mars.

Echec du siège de la forteresse de Saint-Jean d'Acre(19 mars au 21 mai 1799) malgré un fait d'arme des pontonniers.

L'avant-garde de l'armée arrive le 18 mars à proximité des fortifications mais la rivière Keisoun entrave la progression de l'artillerie. Aussi les pontonniers travaillèrent toute la nuit du 18 pour lancer deux ponts qui permettent le passage des canons ( une caronade de 32, 4 pièces de 12, une trentaine de 4 et huit obusiers). Ces canons devaient suppléer à l'absence de l’artillerie de siège transportées par bateaux coulés par la flotte anglaise. C'était peu pour détruite les épaisses murailles.
Aussi, sur ordre de Bonaparte, cinq pontonniers volontaires allèrent à la nage s’emparer d’une chaloupe anglaise armée d'un obusier et qui mouillait dans la rade sous protection des canons de la forteresse turque. Après une première tentative de nuit avortée, les nageurs parvirent, de jour, à s’emparer de la chaloupe mais ne purent la ramener à terre. Ils se résignèrent à démonter l'obusier et à le jeter à la mer, ramenant comme preuves de leur réussite les boulons qui arrimaient le canon à l'embarcation. L’opération fut exécutée par le fourrier Paul Davezac qui y gagnera ses galons de sergent et finira capitaine d’artillerie.

Pendant ce temps se déroulait le 16 avril la bataille dite du Mont-Thabor mais les pontonniers ne semblent pas y avoir participé. En définitive et après huit assauts, la garnison de Saint-Jean d’Acre résistera aux troupes françaises qui se retirèrent le 21 mail 1799 et retournèrent vers leur base de départ. Sur le chemin du retour, elles vainquirent les troupes ottomanes lors de la bataille terrestre d'Aboukir (25 juillet 1799)
Ce fut l'une des dernières victoires françaises. 

Bonaparte, général en chef quitte l’Egypte pour rentrer en France.

La situation militaire en Europe s'était détériorée dans le courant de l'année 1799 sous la pression des coalisés et des russes qui repoussaient nos troupes en Italie. 

Avec l’aval du Directoire, Bonaparte quitta l'Egypte le 9 août 1799 pour rentrer en métropole. Il confia le commandement au général Kléber. Ce départ du futur Empereur souleva la polémique et les quolibets des Anglais. 

Il arrivera à Fréjus le 8 octobre 1799 et pris la situation militaire en main afin de reconquérir l’Italie.

caricature de l'Anglais Cruikshank sur la fuite d'EgypteLes opérations sous commandement des généraux Kléber puis Menou

Malgré le départ de Bonaparte, les opérations militaires continuaient en Egypte dans ne ambiance morose. Puis le nouveau commandant en chef, le général Kléber entama des négociations avec le général anglais Sidney Smith pour rapatrier son armée en France. Ce fut la convention d'El Arisch signée le 28 janvier 1800. Mis en confiance, le général Kléber commença à abandonner les places fortes de Katieh, Salhéyeh, Bilbeis et Suez pour regrouper ses forces dans les ports de la côte. Mais le gouvernement refuse cet accord, les délais et en attendant que cette décision parvienne en Egypte, les troupes ottomanes ont avancées et se sont établies aux abords d'Héliopolis.


Bataille d'Héliopolis puis reprise provisoire du Caire

Installé à El Khânka, les troupes ennemies sont attaquées par le général Reynier qui remporte une grande victoire malgré une infériorité numérique importante. Mais un corps turc avait fait mouvement avant la bataille et entré dans le Caire où la ville s’était soulevée contre l’occupation française. Il faudra donc réinvestir la capitale égyptienne dont la reprise durera du 22 mars au 27 avril et fut brutale. Pendant cette période, on ignore quelle fut la participation des pontonniers aux combats. Mais le 14 juin 1800, le général Kléber est assassiné par un rebelle égyptien et le commandement de l'expédition revient au général Menou, malgré quelques réserves de ses pairs.

Prise d'Aboukir puis d’Alexandrie par les Anglais

Depuis le départ de Napoléon et l’assassinat du général Kléber, le moral n’est pas au beau fixe dans l'armée d'Orient. C’est dans cet état d’esprit qu’une armée anglaise commandée par le général Abercrombie débarque devant Aboukir. Les Anglais prennent le 8 mars 1801 le fort d'Aboukir vainement défendu par le général Friand, tandis que l’armée turque avance vers Alexandrie. L’armée française se réunit devant cette ville le 20 mars. Les combats auront lieu le 21 mars et seront gagnés par les Anglais. Les troupes françaises se retranchent alors dans la ville assiégée. Le siège durera du 21 mars au 31 août 1801 capitulent. Parmi les unités qui avaient participées à la défense de la ville se trouvaient ce qui restait de la compagnie des pontonniers d’Orient.
De son côté, le général Belliard bloqué au Caire par l’ennemi va négocier le 27 mai avec le général anglais un traité d'évacuation de ses hommes.

L’armée d’Orient capitule et revient en France

Enfin, le général Menou, commandant en chef après Kléber, retranché à Alexandrie capitulera le 31 août 1801 après un siège qui fit de lourdes pertes. Aux termes de négociations franco-anglaise, le corps expéditionnaire retrouvera la France à bord des vaisseaux anglais et turcs, avec ses drapeaux et ses armes. Les retours débuteront à partir du port de Damiette le 1er mars 1801 et s’échelonneront jusqu’au mois d’octobre Ainsi rentreront environ 26.690 hommes rentrèrent à bord des navires de l'ennemi.

Les officiers et pontonniers rescapés de la compagnie d’Orient

Les survivants de la compagnie de pontonniers d’Orient, appellation qui figure sur le registre du 1er bataillon de Pontonniers conservé aux archives militaires (25Yc 223) furent rapatriés au mois d'octobre et débarquèrent au mois de décembre 1801.
Ils étaient au nombre de 31, sous officiers et pontonniers confondus et furent affecté à la 8 ème compagnie du 1er bataillon ( registre à la date du 1er pluviose an 10 ( 22 septembre 1802).

Cette compagnie fut intégrée dans l'armée des Grisons qui se trouvait avec le général Macdonald et descendait vers Gênes venant des Alpes italiennes, après l’armistice de Trévise signée le 15 janvier 1801.
C'est ainsi que la 8ème compagnie et ses trois  officiers, retrouva la 1ère compagnie du 1er bataillon affectée à l'armée des Grisons. Le quatrième, le capitaine Bouchu fut chargé du commandement du 1er bataillon de pontonniers, étape qui lui permettra d'être promu ultérieusement général d'artillerie.

Liste des pontonniers rescapés:

Les pontonniers de la compagnie d'Egypte participèrent à l'expédition débutée le 28 octobre 1797 (1er germinal an 6 ) et revinrent en France le 13 décembre 1801 (22 brumaire an 10). Ils furent alors affectés à la 8 ème compagnies  du 1er bataillon (Sources registres du corps, SHDT 25 Y c223 et 224). Ils sont ainsi identifiés.

grade matricule Patronyme Prénom né le  jj mm AA Lieux Département code postal père mère Observations notées sur registre 25Yc223 et 224)
adjudant  12, 313 et 1519 RIVET jean Baptiste né le 15 12 1774 Mauvest près Nantes Loire-Atlantique 44 Guillaume  Marguerite Germond Entré le 7 janvier 1793 au 2 ème bataillon de la Loire Inférieure. A sa dissolution, fut muté comme matelot à Toulon le 8 floréal an 2. Puis incorporé à la 1ère cie du bataillon des Pontonniers d'Italie le 21 germinal an 4. A fait les campagnes de la Révolution puis expédition d'Egypte de 1798 à 1802. Sergent lors de l'expédition, fut nommé adjudant à son retour  
sergent major 43 et 1517 BRICOU Toussaint né le 8 9 1771 Paris Seine 75 Charles Louis Marie Michelle Costier Vient du 10 e régiment d'Infanterie en 1792 puis de la cie d'Egypte (1798 au 1er pluviose an 10 (21/1/1802) 
sergent 263, 1522 DAVEZAC Paul né le 10 12 1779 Tournon- Agenais Lot-et-Garonne 47 François Brunetelle Volontaire de l'an 2 (1794) . Entré au corps le 1er pluviose an 10 venant de la cie d'Egypte. Muté sergent à la 6 ème compagnie comme sergent major 
sergent  2 et 1518 MONCEAU Pierre né le 13 2 1761 Lyon Rhône 69 François Marie Bailly Entré le 25 mai 1783 au 24 e rgt d'infanterie. Passé l'année suivante au 4e bataillon d'artillerie. Affecté le 19 juin 1797 (1er messidor an 5)  à la 1e cie de pontonniers de l'armée d'Italie, intégrée ensuite au 1er bataillon de pontonniers.
sergent 127, 1520 TESNIER Jean né le 27 3 1775 Tours Indre-et-Loire 37 François René Renaud Vent de la cie d'Egypte
caporal 1524 CAMPET François né le 26 3 1778 Rochefort-sur-Nenon Charente-Maritime 17 François Marie Grelan Incorporé le 1er pluviose an 10 venant de la cie d'Egypte. Muté dans la marine le 16 mai 1802 (26 floréal  an 10)
caporal 51, 1523 MORILLON François né le 14 7 1777 Nantes Loire-Atlantique 44 Alexis  Marguerite Robin Entré au service au 2 eme bataillon de réquisition de Nantes le 7 septembre 1793.  Incorporé au 1er bataillon de Pontonnier s le 1er Pluviose an 10 venant de la cie d'Egypte. 
caporal 206 et 1521 ROBBE  Jean Marie Nicolas né le 2 5 1773 Braisne Aisne 2 Nicolas Simone Leclerc Caporal ( nommé an 5) puis sergent (an 10) Incorporé le 1er pluviose an 10, venant de la cie d'Egypte
pontonnier 210 AUDIBERT Antoine né le 19 8 1777 Alès Gard 30 Antoine Marguerite Dumai Entré au service le 25/8/1793 au bataillon du Var avat d'être muté à la  169 e demi brigade puis à la 1ère cie des pontonniers d'Italie le 7 brum an 6. Réformé le 7 février 1807
pontonnier 57, 1544 AUDOUIN Pierre né le x 10 1774 Angers Maine-et-Loire 49 Charles  Geneviève Goarde Incorporé au corps le 1er pluviose an 10 sortant de la compagnie d'Egypte
pontonnier 205 et 1540 ELIEGE Joseph Martin né le 31 8 1780 Lectoure Gers 32 François Etienne Marie Castille Entré au service le 16/9/1793 à la 2e demi brigade, entré en messidor an 5 à la 1ère cie de pontonnier du 2 ème bataillon puis à la compagnie d'Egypte. Rayé des contrôle le 10 ventose an 10
pontonnier 175, 1529 BARRAS Pierre né le x x 1778 Vitry Saône-et-Loire 71 Jacques Antoinette Galiotte Vient de la compagnie d'Egypte
pontonnier 1527 BASSET  Jean   né le x x 1775 Latresne Gironde 33 Jean Jeanne Erone Vient de la cie d'Egypte. Muté à son retour dans la marine le 16 mai 1802 (26 floréal  an 10)
pontonnier 60 et 1530 BAUDRY Charles né le x 4 1778 Beaulieu Vendée 85 René Anne Chagnioue Vient de la cie d'Egypte
pontonnier 1560 DUPUIT Antoine né le 23 10 1777 Valence Lot-et-Garonne 47 Jean Jeanne Dupuis Incorporé le 16 fructidor an 10, venant de la cie d'Egypte. Réformé le 1er messidor an 11
pontonnier 1546 FIER Mathieu né le x 2 1780 Lyon Rhône 69 Mathieu Marie Geneviève Chevraguet Entré au corps le 1er pluviose an 10, sortant de la cie d'Egypte.Muté dans la marine le 16 mai 1802 (26 floréal  an 10)
pontonnier 1528 FOUCHARD Pierre né le x x 1779 Camroux ? Manche 50 Pierre Laurence Prébois Muté dans la marine le 16 mai 1802 (26 floréal an 10)
pontonnier 1547 GONDOLFE Auguste né le 4 10 1781 Cogolin Var 83 Honoré Madeleine Firmain Incorporé au corps le 1er Pluviose an 10, venant de la cie d'Egypte. Muté dans la marine le 16 mai 1802 (26 floréal  an 10)
pontonnier 58, 1532 GUITARD Noel né le 20 8 1772 Vigen (le) Haute-Vienne 87 Joseph Modeste Françoise Soyet Entré au corps le 1er pluviose an 10, venant de la cie d'Egypte
pontonnier 30, 1533 LAMBERT Pierre Jacques né le 15 12 1778 Charron , Marans Charente-Maritime 17 Pierre Françoise Dinonais ou Delaunay Entré le 16 septembre 1791 au bataillon de la Rochelle, il fut muté dans la Marine lorsque cette unité fut dissoute. Il faut alors muté le 25 nivose an 5 au 1er bataillon des pontonniers d'Italie. Incorporé à la 8 ème cie du 1er bataillon le 1er pluviose an 10 venant de la cie d'Egypte.
pontonnier 1539 LUC Baltazar né le x x x Marseille Bouches-du-Rhône 13 Pierre Anne Blanc Entré au service an 6. Incorporé au 1er bataillon le 1er pluviose an 10 venant de la cie d'Egypte. Muté dans la marine le 16 mai 1802 (26 Floréal an 6). Rayé des contrôles 1er ventose an 10
pontonnier 1525 MEUNIER Honoré né le x x 1778 Fréjus Var 83 Jean Catherine Martin Muté dans la marine le 16 mai 1802 (26 floréal  an 10)
ouvrier 252 et 1526 MEUNIER (MONIER) Guillaume né le 17 4 1774 Suché  Luce  Loire-Atlantique 44 Jean Louise Blote Vient de la cie d'Egypte
pontonnier 61 MILLIET André né le 29 7 1777 Avignon Vaucluse 84 Etienne Antoinette Estève Entré au service dans la marine le 30 juin 1792. A la 1ère cie du 2 eme bataillon de pontonniers d'Italie le 21 germinal an 4. Cie d'Orient puis 8 ème cie jusqu'en an 14
pontonnier 1536 PERODOT Philibert né le x x 1776 Noirmoutier-en-l'ile Vendée 85 André Marie Franc Incorporé 1er pluviose an 10, venant de la cie d'Egypte. Réformé 2 fev an 10, à refusé le poste de vétéran.
pontonnier 280,  1543 QUEBRET François né le 14 5 1778 Bordeaux Gironde 33 François Jeanne Javot Entré au corps le 1er pluviose an 10, venant de la compagnie de Pontonniers d'Egypte. Passé à la Marine le 26 floréal an 10
pontonnier 280, 1531 RENAUD (REYNAUD) Jean Baptiste né le 9 8 1777 Roquebrusanne (La) Var 83 Jean Baptiste Marguerite Reboul Entré au corps le 1er pluviose an 10, venant de la cie d'Egypte.
pontonnier 1545 RIVE  Antoine né le x x x Legand (non identifié) Suisse CH Jacques Catherine Andriola Vient de la compagnie d'Egypte. Noyé en service sur le Rhin le 23 thermidor an 10.
pontonnier 204, 1538 ROCHE Pierre né le x 10 1772 Puy-en-Velay Haute-Loire 43 Pierre Marguerite Lialot Entré le 1er pluviose an 10 venant de la cie d'Egypte.
pontonnier 1537 ROYER Jean né le x x 1775 Roussines Charente 16 Jean Marie Bonsenry Entré le 1er pluviose an 10, venant de la cie d'Egypte. Réformé le 13 fructidor  an 10

Sur les 75 pontonniers partis de Gênes en 1797, 31 revinrent en France et repartirent au combat, notamment le Suisse Antoine Rive qui après les déserts d'Egypte fut tué peu de temps après son retour en traversant le Rhin.

 


vershaut

ACCUEIL