index.htm(l) La bannière d'Hermas
 
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LA BANNIERE D'HERMAS
Saint Pierre, précisément, a un statut à part : lui aussi est pasteur, mais d’un troupeau qui n’est pas le sien. C’est celui de Jésus, qu’il a charge de paître en son nom : « Pais mes brebis » (Jean 21,16). Jésus, comme disait saint Eucher, est ainsi « Pasteur de pasteurs ». Sur la plaque funéraire qui est désormais notre bannière, Jésus est représenté en pasteur. Trois fois. Au centre, bien sûr, avec son bâton de berger, que symbolise aujourd’hui encore la crosse épiscopale ou abbatiale, mais aussi de chaque côté de la scène : à l’extrême gauche, et à l’extrême droite. Dans chaque cas, il est vêtu de la même façon, d’un vêtement qui n’est pas le même que celui des autres personnages. A chaque fois il est représenté jeune, imberbe, à la mode romaine antique, sans limbe, dans sa seule humanité, selon les représentations habituelles de l’époque.
L’image des brebis est aussi associée au fait qu’elles constituent un troupeau, unifié par la conduite nécessaire d’un berger, d’un pasteur. Que celui-ci vienne à être frappé, annonce Jésus lui-même, et c’est tout le troupeau qui sera dispersé (Mathieu 26,31). Jésus n’hésite pas à dire explicitement qu’il est ce pasteur, et le texte grec permet d’insister sur le fait qu’il n’est pas seulement un pasteur – car il en est de mauvais – mais le bon Pasteur, qui connaît chaque brebis par son nom, y compris celles qui ne sont pas encore du troupeau, et pour lesquelles toutes il a donné sa vie afin de les réunir dans l’unité (Jean 10,11-16). Saint Pierre l’appelle à son tour « le pasteur et le gardien de nos âmes » (1 Pierre, 2,25).
Les agneaux, ou les brebis, ce sont d’abord les apôtres et, à travers eux, l’Eglise entière. L’image est associée à la fois au propre sacrifice des apôtres, à l’innocence dont ils doivent faire preuve [ « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups » Jean 10,16] et à leur justice, par rapport à l’iniquité de ceux qui sont symbolisés dans saint Mathieu par des boucs (25,32-33). Ils désignent aussi ceux qui se sont écartés de Dieu [Jean 10, « allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël » Jean 10,6], dont la préoccupation doit à ce point animer tous le chrétiens, et d’abord leurs chefs, qu’il leur faut au besoin abandonner celles qui sont déjà réunies pour s’en aller chercher une seule qui serait perdue (Luc 15,4).
C’est à grands traits que nous présentons la bannière de notre site Hermas, aucun de nous n’étant, de près ou de loin, spécialiste en la matière, sous le contrôle de plus compétents. Il s’agit d’une plaque funéraire, trouvée dans une sépulture chrétienne du IIIème siècle, près de saint Laurent-hors-les-murs, à Rome. Elle est actuellement au musée du Latran. Elle représente le Christ, les apôtres, et des agneaux. On sait que la symbolique de l’agneau est très présente, dans les Evangiles comme dans le Livre de l’Apocalypse. L’Agneau par excellence, c’est bien sûr le Christ lui-même, l’Agneau de Dieu, sans tache, qui s’est offert en sacrifice pour notre rédemption (cf. Jean 1,28). L’iconographie chrétienne en a donné très tôt des représentations.
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