Saint Pierre, précisément, a un statut à part : lui aussi est pasteur, mais d’un troupeau qui n’est pas le sien. C’est celui de Jésus, qu’il a charge de paître en son nom : « Pais mes brebis » (Jean 21,16). Jésus, comme disait saint Eucher, est ainsi « Pasteur de pasteurs ».
Sur la plaque funéraire qui est désormais notre bannière, Jésus est représenté en pasteur. Trois fois. Au centre, bien sûr, avec son bâton de berger, que symbolise aujourd’hui encore la crosse épiscopale ou abbatiale, mais aussi de chaque côté de la scène : à l’extrême gauche, et à l’extrême droite. Dans chaque cas, il est vêtu de la même façon, d’un vêtement qui n’est pas le même que celui des autres personnages. A chaque fois il est représenté jeune, imberbe, à la mode romaine antique, sans limbe, dans sa seule humanité, selon les représentations habituelles de l’époque.