Son presque homonyme Robert Schuman – l’un des pères de l’Europe, qui disait que les saints à venir seraient « des saints en veston », a été forgé dans l’adoration eucharistique et n’aurait manqué pour rien au monde sa messe quotidienne, jusque dans ses activités ministérielles [rappelons que sa cause de béatification a été introduite en 1991]. Par piété personnelle? Pas uniquement. Parce qu’il réalisait la vérité de ce qui a été énoncé par le concile. Vous savez, nous autres chrétiens avons tout, tout à gagner à unifier nos vies, à les rendre visiblement cohérentes en tout, jusque dans nos activités professionnelles et politiques. Le bien commun y gagnera nécessairement. La messe et la communion eucharistique sont un lieu d'édification de cette cohérence, par l'unité de la loi de la foi et de la loi de la prière.
Rémi Morin.- Cependant, cette conviction vous conduit à prendre parti, quand même, dans ces querelles autour de la messe ?
Hermas.- Prendre parti, oui, forcément. Comment en serait-il autrement ? S’engager en quoi que ce soit, c’est toujours choisir. La difficulté est qu’il y a de fait, en effet, des choix qui divisent. Pour la question que vous posez, où est le principe d’unité ? C’est cela qu’il faut toujours se demander. On vous reprochera toujours d’apporter la division, par exemple, quand vous secouerez des conformismes, quand vous viendrez troubler des bonnes consciences installées dans leurs habitudes. Vous ne l’avez jamais remarqué ? Pensez à l’effet produit par vos discours discordants, lors de ces repas d’affaire ou de famille, quand vous troublez le consensualisme obligé par vos propos sur l’avortement, le divorce, l’homosexualité, que sais-je ? En l’espèce, il est clair que le principe d’unité est à Rome, et pas dans telles ou telles officines. Théologiquement, c’est d’ailleurs la soumission au Vicaire du Christ qui constitue le critère du “schisme”, c'est-à-dire, étymologiquement parlant, du choix qui divise.